Came,

Il est un temps où même la plus belle fleur se fane, un temps où les sentiments les plus forts s’estompent… et disparaissent.

Je croyais ne pouvoir vivre sans toi, comme une drogue dont chaque jour j’aurais eu besoin pour me sentir en vie. Et tandis que tes absences me dévoraient, me laissant le corps tremblant en attendant ton retour, ta simple présence suffisait à me transporter loin du monde, vers des endroits qu’avant je n’aurais jamais espéré connaître. Chacun de tes frôlements était comme une morsure sur ma peau, comme une injection de liquide brulant dans mes veines, enflammant chaque partie de mon corps. Seulement maintenant tout est fini, je n’éprouve plus ce manque. Ce désir si fort qui me consumait autrefois, petit à petit, a laissé place à une froide indifférence, sans même que je ne m’en aperçoive.

Ma flamme s’est éteinte et avec elle la dépendance que tu avais fait naître dans mon corps. L’esprit enfin sorti du brouillard qui le retenait prisonnier, je peux à nouveau voir le monde clairement. Et si sur ma langue j’ai encore ta saveur, sur ma peau ton parfum, et les sensations que tu avais éveillées en moi, plus rien n’est comme avant. Cette enivrante fragrance qui me faisait perdre la raison n’est plus qu’une odeur âcre à mes narines, et ton goût sucré dont je ne pouvais me lasser, a pris celui amer du passé. Seuls restent les souvenirs dont les couleurs s’estompent, tels des songes pâles et incertains.

Ma drogue, je ne peux continuer plus longtemps, je te quitte, je décroche. Loin de toi, je m’en vais suivre ce sevrage dont j’ai tant besoin. C’est vrai, je ne peux être sûre d’échapper à ton emprise mais aucune cure ne se fait sans rupture.

Sache toutefois qu’une partie de moi t’appartiendra à jamais, cette folle partie de ma vie passée à tes côté, ô ma chère addiction…!

Ton ex- accro.

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